Roman

ONU soit qui mal y pense, est un récit inspiré de faits réels, vécus intensément par l’auteur, Roberto Garcia Saez. Il s’agit du premier volet d’une trilogie qui vous fera voyager dans le monde de l’humanitaire et des grandes organisations internationales, de l’Afrique subsaharienne à l’Asie du Sud Est, en passant par Genève et New York. ONU soit qui mal y pense, c’est aussi des pintes de réflexion à consommer à l’apéro quand on refait le monde…

ONU soit qui mal y pense, l’histoire…

Mais que fait Patrick Roméro, un quadra flamboyant, à Kinshasa, dans le monde de l’humanitaire international ? Il vient diriger le méga programme de santé d’une agence des Nations Unies dans la République Démocratique du Congo des années 2000. Autant dire un pays grand comme l’Europe de l’Ouest dévasté par le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale.

Et le gros paquet de 250 millions de dollars de ce programme de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, il veut le gérer à la manière d’un chef d’entreprise. Il se lance à l’assaut du pachyderme onusien. Il lance une guérilla contre les sacro-saintes procédures et se bat pour faire passer sa stratégie innovante au forceps.

Peut-on rouler en Jaguar et aider sincèrement des pauvres ? L’aide internationale, il y croit ou il en croque ? Paul Harrisson, un jeune flic formé à la lutte contre la fraude financière internationale en est persuadé : il en croque. Et il le traque.

Quant aux malades congolais, ils attendront… La distribution des médicaments est interrompue jusqu’à nouvel ordre.

Une histoire vraie

On a tous en tête des images de casques bleus sur des véhicules blindés, des blouses blanches dans la brousse et des chefs d’Etat multicolores qui déclarent solennellement souhaiter un monde meilleur devant le logo avec la planisphère bleue. L’ONU et les grandes organisations internationales intriguent, fascinent, mais au final, on les connaît mal.

La communauté internationale mobilise pourtant des dizaines de milliards de dollars chaque année pour soulager les maux des populations les plus défavorisées. Qui gère tout cela ? Les cols blancs des agences internationales, les jeunes loups idéalistes des ONG, les milliers de mercenaires chargés de pondre les millions de rapports, les aristocrates du monde diplomatique… ce petit monde se croise sans cesse dans les couloirs capitonnés des cabinets ministériels, ou dans les réunions de très haut niveau et les conférences internationales qu’affectionne la «maison bleue».

A l’heure de Wikileaks, de Fox news, les grands pontes de l’humanitaire serrent les fesses dans leurs costumes Armani au moindre tweet accusateur. Une rumeur de malversation et ils stoppent la machine, bloquent les dollars. Tant pis pour les victimes des guerres civiles, des génocides et des catastrophes naturelles, tant pis pour les petits tuberculeux et les mères séropositives et tant mieux pour leur passage au grade supérieur. C’est la tourmente qui touche actuellement le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le méga programme de santé que connaît si bien l’auteur du livre.

Pour autant, faut-il tuer l’ONU et sa bureaucratie aussi légendaire que tentaculaire ? Doit-on brûler Patrick Roméro sur le bûcher rédempteur qui carbure à la compassion médiatisée pour ses pratiques efficaces mais pas très orthodoxes ?

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